Chapitre dix
Danny était hors de lui au sujet du petit secret que nous gardions Neena et moi. Je lui dis qu’il trouverait quelques indices dans la suite de l’histoire, ce qui sembla le calmer quelque peu. Ce n’est pas réellement un secret, c’est une de ces choses telle que si vous essayez de la mettre en mots, ceux-ci seront ancrés dans l’esprit d’une personne et une fois ancrés, ils ne reflèteront plus la réalité. Certaines choses dans l’univers ne peuvent être mises en mots. Le faire serait de les détruire, et dans un sens, de donner à quelqu’un quelque chose de complètement inutile. Le plus grand problème est que si vous essayez de le dire à quelqu’un, alors les gens le mouleront et plus tard quand ils viendront consulter cette information sous sa vraie forme, ils la mettront automatiquement dans un moule, et ainsi l’information sera perdue.
Je regardai Danny. « Avant de continuer avec le reste de l’histoire, je devrais probablement te dire quelque chose que j’ai oublié de mentionner.
- Quelle surprise! » Danny sourit avec sarcasme.
« C’est en fait très important, surtout si vous avez de la difficulté à garder votre esprit concentré sur votre âme. Au fil des années, j’ai lu beaucoup de livres sur la méditation orientale et nombre d’entre eux mentionnent plusieurs parties de l’esprit sur lesquelles on peut méditer, mais aucun ne fait mention du tronc cérébral. C’est un peu comme ceci : je n’aime pas aller dans une cave sombre, même si la lumière est allumée, parce qu’il y a trop de coins sombres où les monstres peuvent se cacher. Alors, j’ai trouvé que la meilleure façon de régler mon problème était de mettre une lumière dans les coins plus sombres. Le cerveau fonctionne de la même façon ».
Pour quelque raison que ce soit, Neena trouvait cela très amusant.
« D’une certaine façon, quand vous essayez de vous concentrer sur votre âme, vous utilisez ce que les yogis appellent l’esprit supérieur. Mais une partie de votre esprit essayera d’évoquer d’autres pensées. C’est un problème auquel je suis constamment confronté. La question était : quelle partie de l’esprit en est responsable? J’ai donc examiné toute les parties de mon esprit que ces livres de méditation mentionnent. J’aime chercher de l’information sur des trucs étranges, des trucs qui ne collent pas vraiment, mais qui paraissent normaux, ou trop normaux.
- Que veux-tu dire? demanda-t-elle avec curiosité.
- Prenez les textes orientaux écrits par des yogis ou des maîtres. Si vous leur posez une question, ils vous donneront une réponse très courte. Par contre, si vous leur donnez un stylo et du papier, ils écriront jusqu’à ce que les poules aient des dents. Plutôt inconsistant, ne trouvez-vous pas?
- Crois-tu que cela signifie quelque chose? » demanda Danny.
J’inclinai la tête. « Si c’est là, c’est que ça signifie quelque chose. Qu’en est-il du fait que bien qu’ils soient de races et de pays différents, ils possèdent tous le même style d’écriture? Je me suis questionné sur le fait qu’ils écrivent des centaines et des centaines de pages et ne disent presque rien. En plus, ils écrivent toujours le même truc et tout est pareil; seuls l’angle et l’approche sont différents. Voyons les choses en face, ils doivent écrire sous une certaine forme de code et s’ils connaissent tous ce code, il ne doit pas être si compliqué à déchiffrer. Quand quelqu’un parvient à écrire dix livres sans ne rien dire, c’est fascinant : c’est qu’ils doivent probablement écrire entre les lignes. Je regarde donc dans des endroits où ils disent qu’il n’est pas important de regarder et je fouille dans des endroits qu’ils ne mentionnent jamais.
Après tout, si vous avez un trésor et que vous voulez en parler à quelqu’un, mais sans révéler où il se cache ou comment l’obtenir à moins qu’ils ne soient prêts à vous suivre, vous aurez du fil à retordre.
Le problème que j’ai rencontré est que vous ne pouvez pas contacter votre âme ou l’aspect supérieur de votre être à moins d’éteindre votre esprit pour qu’il ne caquette plus comme une poule au moment de pondre un œuf, et la clé de cela est une chose qu’ils semblent omettre de mentionner. Éteignez-le, et vous y parviendrez. »
Pendant un instant, j’étais fier de moi, mais je me suis ensuite rendu compte que j’étais comme un coq sur une barrière, gloussant et se vantant auprès de la poule la plus près de lui. Ce que je déteste quand cela se produit!
« Tu dois vraiment être fier de toi d’avoir compris tout ça, dit Neena en tournant gentiment le couteau dans la plaie.
- J’ai essayé la méditation avant, mais j’avais de la difficulté à ne pas laisser les pensées m’envahir. Comment empêcher cela? demanda Danny.
- C’est du gâteau. Premièrement, tu te détends complètement et tu te calmes; ensuite, pendant une minute, visualise un rayon de lumière qui vient de ton âme et qui descend du haut de ta tête, remplissant toute la région d’une lumière très brillante. Ne continue pas à visualiser cela, garde simplement cette image dans ton esprit. C’est comme si un charpentier était sur le toit entrain de le réparer; tu n’as pas besoin de rester là à le regarder toute la journée, tu sais qu’il est là. Bref, laisse la lumière là sans te concentrer dessus constamment. Ça gardera toute la région de ton esprit très occupée. Je ne sais pas exactement quelle est la fonction de cette partie du cerveau, mais je sais que ça fonctionne, et à ce stade, c’est vraiment ça qui compte ».
Neena changea de sujet. « Danny, raconte à Klaus au sujet des monstres de la cave ».
Il secoua la tête. On pouvait lire la peur sur son visage.
Neena se pencha vers moi. « Nous avons une cave ici, mais Danny ne veut pas y aller, car il pense qu’il y a des monstres là-dedans. Aimerais-tu y jeter un coup d’œil?
- Je ne crois pas… Si Danny dit qu’il y a des monstres dans la cave, ça me suffit. »
Elle rit. « Vous les hommes, vous êtes tous les mêmes! Vous faites beaucoup de bruit, mais quand le loup arrive, on ne vous trouve nulle part ».
Je décidai de laisser passer ce commentaire, et pensai à l’endroit où j’en étais rendu avant de m’être laissé distraire.
Les secrets de l’univers
La clef
la pensée, la confiance
La serrure
l’action, l’amour
La porte
le résultat, la joie
Le jeu
la continuation.
Que non!
Klaus est né en 1957 dans la Forêt-Noire, en Allemagne. À l’âge de 9 ans, croyant toujours que
partout au Canada c’est l’ouest sauvage, où les cowboys et les traînées de chariot existent
toujours; Klaus est envoyé à Rosedale, en Colombie-Britannique, au Canada, pour y vivre avec
sa tante et son oncle. Bien que déçu de ne pas y trouver les plaines et les chariots-cuisine, il
habite au Canada et y grandit pour accomplir plein de choses. Klaus a été un exploitant de
ferme laitière, un entrepreneur, un artiste ainsi qu’un écrivain.
