Chapitre dix-sept
Danny sauta de son tabouret et me versa un autre verre de jus d’orange avec un peu de glace concassée.
« Alors, tu ne voies rien de mal à employer ta méthode pour gagner à la loterie? » demanda Neena.
Danny secoua la tête. « Je ne vois rien de mal à ça. »
« N’est-ce pas comme essayer d’obtenir quelque chose gratuitement?
- D’un côté, j’imagine, oui. Mais d’un autre, au moins tu y mets de l’effort; tu ne fais pas juste jeter ton argent par la fenêtre, en espérant que la chance tourne. Tu utilises ton esprit et toutes les habiletés que tu possèdes. Tu ne voles pas non plus les autres, parce que si quelqu’un d’autre a les bonnes réponses, il gagnera aussi.
- C’est un bon point, dit Danny. Mais si tu décides d’écrire à ce sujet et que plusieurs personnes décident de le faire, bientôt il n’y aura plus de loterie.
- Je comprends ce que tu veux dire. Mais de toute façon, c’est déjà ce qui est en train de se produire.
- Que veux-tu dire? demanda Neena. Qu’as-tu fait? »
Les yeux de Danny étaient de nouveau aussi gros que des pastèques.
« Bien, il y a environ six mois, je voulais écrire un livre à propos de ce qui s’était passé. Je ne savais pas comment l’écrire, alors j’ai pris un magnétophone et j’ai tout simplement raconté l’histoire, de la même manière que je vous la raconte maintenant. Ça a pris environ quatre cassettes…presque six heures…et ensuite, j’ai fait des copies et en ai vendues plusieurs pour voir si ça intéressait quelqu’un. Apparemment, quelques personnes en ont un peu abusé, parce que j’ai appris que la Commission de la Loterie sportive avait vraiment un problème pour dresser le bilan parce que soudainement, un groupe de personnes gagnait constamment. Au début, ils avaient essayé de baisser les chances, espérant que cela briserait le système que les gens utilisaient, mais ce ne fut pas le cas. Maintenant, ils ont limité le montant d’argent que vous pouvez miser. J’ai entendu entre les branches que la Commission de la Loterie essaie désespérément de trouver le système que les gens utilisent. Mais le fait est qu’ils n’en ont tout simplement pas.
- Combien de cassettes as-tu vendues? demanda Neena.
- À peu près une douzaine.
- Si tu n’en as vendu qu’une douzaine, qu’arrivera-t-il si tu écris un livre et que des milliers de personnes le lisent?
- C’est difficile à dire. Peut-être que la Commission des Loteries devra fermer ses portes ou trouver une manière d’augmenter le niveau de difficulté du jeu. Ça ressemble beaucoup aux échecs : si vous n’utilisez pas votre esprit, ça ne sert à rien de jouer.
Le gouvernement a décidé de légaliser le jeu pour ses propres intérêts, et s’il n’est pas prêt à courir les risques qui viennent avec cette sorte de décision, alors il ferait mieux de se retirer. Il ne se gêne pas pour prendre des millions de dollars de la poche d’individus qui travaillent fort. S’il n’est pas prêt à leur redonner leur argent, ce n’est pas mon problème. La terre ne va pas s’arrêter de tourner juste parce qu’il n’y a plus de loterie. Et en plus, ce n’est pas une question d’argent ou de loterie, c’est une question d’amour et de ce que vous pouvez accomplir avec l’amour et votre esprit.
- Mais s’il n’y a plus de loterie, ça ne me servira plus à rien d’apprendre comment gagner, dit Danny.
- Pas du tout! Il y a un nombre incroyable de choses qu’on peut faire avec cette faculté! Le fait de penser que ça sert seulement à gagner de l’argent est idiot et fait preuve d’étroitesse d’esprit. Cette méthode peut servir à beaucoup de choses incroyables et merveilleuses. Vous pouvez l’utiliser pour faire une vraie différence dans ce monde et pour aider beaucoup de gens. Vous pouvez l’utiliser à votre travail ou dans vos affaires. Les possibilités sont interminables! Juste parce que la loterie peut ne plus exister, du moins de la manière qu’elle existe en ce moment, il n’y a pas de raison de garder cette information secrète. La seule raison pour laquelle je vous parle même de la loterie, c’est parce que c’est par ça que j’ai commencé. J’ai appris le reste par la suite. Vous en entendrez parler dès que vous me laisserez revenir à l’histoire.
- Vas-y! » dit Danny, impatient.
Neena se pencha vers moi. « Joues-tu encore à la loterie?
- Non. En fait, je ne devrais pas dire non. J’y joue encore de temps à autre, surtout pour le plaisir. J’y mets deux dollars. C’est très rare que je ne gagne pas, mais il y a longtemps que j’ai arrêté d’essayer de gagner de l’argent. L’argent n’a jamais vraiment été ce que je voulais. J’admets que j’ai été dérouté pendant un moment. Ce que je voulais c’était être heureux; être heureux, indépendamment de l’argent, des objets, des relations ou de quelque chose d’externe. Je suis heureux de dire qu’après 41 ans, j’ai finalement atteint mon objectif. Rien ne peut rivaliser avec ça. Je travaille toutefois sur un autre projet, et je me sers de la loterie pour tester à quel point ça fonctionne. Mais ça c’est une autre histoire.
- Comment as-tu trouvé le bonheur? demanda Neena.
- Tu le découvriras dans le reste de l’histoire.
Le secret
Hier j’ai demandé à mon chien :
« Quel est ton secret dans la vie? »
Il a répondu :
« S’il court, chasse-le »
J’ai demandé :
« Et si il ne court pas? »
Il a répondu :
« Attends un peu… »
Klaus est né en 1957 dans la Forêt-Noire, en Allemagne. À l’âge de 9 ans, croyant toujours que
partout au Canada c’est l’ouest sauvage, où les cowboys et les traînées de chariot existent
toujours; Klaus est envoyé à Rosedale, en Colombie-Britannique, au Canada, pour y vivre avec
sa tante et son oncle. Bien que déçu de ne pas y trouver les plaines et les chariots-cuisine, il
habite au Canada et y grandit pour accomplir plein de choses. Klaus a été un exploitant de
ferme laitière, un entrepreneur, un artiste ainsi qu’un écrivain.
